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MSH Ange Guépin : projet Datasanté

Le 6 juin 2019

MSH Ange Guépin : projet Datasanté

Dans le cadre du projet Datasanté de la MSH Ange Guépin, une journée d’étude est organisée le 6 juin prochain.
MSH Ange Guépin


Convergences technologiques, santé mentale et « personnes vulnérables »

Le 6 juin 2019 - 8H30 › 17H30

C.H.U. de Nantes
Amphithéâtre P.Lemoine - Hôpital Mère-Enfant

LE PROGRAMME


Le début du XXIème siècle voit se succéder les projets de convergence technologique.

La Convergence NBIC (Nanotechnologies, Biotechnologies, technologies de l’Information, technologies Cognitives) et ses applications physiques et biologiques ont ainsi été présentées en 2002 dans le volumineux rapport de la National Science Fondation.

La Convergence CKTS a porté en 2009 cet enjeu au niveau de l’alliance Connaissance, Technologies et Société, soutenue en 2013 par la Commission européenne. A celles-ci sont venues s’ajouter la Convergence MI (Matière Information) puis en 2016 la DIADEH (Diffusion de l’Intelligence Artificielle sur les Domaines d’Expertise Humaine).
Les développements civils et militaires de ces avancées, lourds d’implications sociétales voire humaines, sont encore mal cernés mais ils procèdent d’une « pensée algorithmique » qui généralise la prééminence de l’information sur la matière au sein d’une nouvelle bioéconomie.
Quelle incidence sur le domaine biologique et médical ? La grande masse de données exigée par la médecine personnalisée, post-génomique (rassemblant génomique, épigénétique et exposomique), dite aussi médecine de précision, est aussi bien recueillie que produite par les biotechnologies.
Les biotechnologies rassemblent en effet les diverses technologies issues d’une alliance des sciences du vivant (biologie), de sciences fondamentales (chimie, physique…) et de sciences de l’ingénieur.
En attendant de maîtriser l’intime du code cellulaire, celles-ci ont permis diverses percées dans l’intime de l’organisme -prothèse, réparation, amélioration, augmentation…- ainsi que des comportements -psychochirurgie, objets connectés externes ou internes au corps y compris le cerveau …
C’est ainsi que, protocolisée à la fin du XXème siècle, la démarche clinique pourrait être prochainement « biotechnicisée » à la suite du virage déjà effectué par radiologie, chirurgie, anatomo-pathologie, dermatologie. Soignants et soignés changent progressivement de place, tournent les corps et les esprits vers la machine et ses nouvelles normes.

S’il était reproché à la médecine curative et statistique de la seconde moitié du XXème siècle d’objectiver le sujet en le réduisant à son corps organique, la médecine algorithmique et biotechnologique du XXIème siècle tendrait donc à réaliser ce qu’annonçait Deleuze : la substitution « du corps individuel ou numérique [par] le chiffre d’une matière « dividuelle » à contrôler ».

Or, comment les personnes vulnérables, dans leur corps, leur esprit, leur autonomie personnelle, sociale et politique, qu’elles comptent parmi les 14 millions de français dits « éloignés du numérique » ou parmi les 12 millions de français « concernés par les problèmes de santé mentale », peuvent-elles être informées et consentir aux soins proposés par les convergences technologiques ?

Face aux applications biotechnologiques effectives, annoncées ou possibles en psychiatrie et en santé mentale, la responsabilité des chercheurs, des divers praticiens et des politiques est engagée. Aux nombreuses questions éthiques épistémologiques, juridiques, éthiques, socio-politiques ainsi soulevées, cette Journée cherchera à apporter des éléments de réponse.