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La ménopause est-elle une construction sociale ?

CNRS Le Journal

La ménopause est-elle une construction sociale ?

Loin d’être une expérience universelle, la ménopause serait aussi une construction sociale qui, en mettant en scène le vieillissement féminin, éclairerait les rapports sociaux de sexe en Occident.

Entretien avec la sociologue Cécile Charlap, enseignante-chercheuse au Laboratoire interdisciplinaire solidarités, sociétés, territoires - (LISST, CNRS/Univ. Toulouse Jean-Jaurès/EHESS/École nationale de formation agronomique) et autrice d’un livre sur la question.

On découvre dans votre livre, La Fabrique de la ménopause (CNRS Éditions, 2019), que le terme de ménopause a une date de naissance assez récente, 1821, et un lieu de naissance, la France. Quel est le contexte de sa création ?

Cécile Charlap1 : C’est un médecin français, Charles de Gardanne, qui invente ce terme dans une période d’intérêt grandissant pour les maladies des femmes. À partir du XVIIIe siècle, dans le contexte de renouveau des Lumières, avec l’essor de la science naturelle, des catégorisations, de la rationalité, on voit s’affermir une pensée bicatégorielle du corps, avec un corps féminin et un corps masculin perçus comme des entités différentes et opposées.

Jusqu’alors, le corps féminin était pensé comme une version moindre du corps masculin mais sur un même continuum.
On employait par exemple le terme « climatère », hérité de l’Antiquité, pour désigner ce moment de crise du vieillissement humain, donc pas du tout propre aux femmes ni centré sur la cessation des règles et de la fécondité.
Cette construction d’une biologie féminine va se poursuivre tout au long du XIXe siècle. Avec l’essor de la psychiatrie, la ménopause sera même pensée, dans le contexte des Folles de Charcot, comme la cause de maladies mentales et de fureurs cleptomanes ou sexuelles.

Lire en en ligne l’entretien sur le : site du CNRS Le Journal